Thèse Interet du Gravitostat Durant et Suite à une Perte de Poids pour Limiter l'Activation des Phénomènes Compensatoires Favorisant la Reprise Pondérale et Préserver la Masse et Fonctionnalité Mu H/F - Doctorat.Gouv.Fr
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Les missions du poste
Établissement : Université Clermont Auvergne École doctorale : Sciences de la Vie, Santé, Agronomie, Environnement Laboratoire de recherche : Adaptations Métaboliques à l'Exercice en conditions Physiologiques et Pathologiques Direction de la thèse : Lore METZ ORCID 0000000209572174 Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-05-15T23:59:59 Les stratégies de prise en charge du surpoids et de l'obésité se heurtent aujourd'hui à l'activation de phénomènes compensatoires limitant la perte de poids et favorisant le regain pondéral subséquent. Si l'activation de ces phénomènes compensatoires se veut actuellement identifiée comme étant d'ordre homéostatique et neuro-hédonique, de récents résultats pré-cliniques et cliniques soulignent une implication gravitostatique impliquant la variation de la charge mécanique en elle-même comme signal d'activation. Ce projet vise à explorer les adaptations métaboliques, nutritionnelles, fonctionnelles et énergétiques à i) une perte de poids nutritionnelle associée à un maintien mécaniquement simulé de la masse corporelle (réalisé à l'aide de gilets lestés) et à ii) l'utilisation de gilets lestés simulant une reprise de poids (identique à la perte) lors de la phase post-intervention nutritionnelle, chez des femmes ménopausées souffrant de surpoids o d'obésité. Cette étude clinique se fera en collaboration avec le CHU de Clermont-Ferrand, promoteur de ce travail, et l'Université Grecque de Ioannina. La littérature actuelle suggère qu'une partie de la réponse énergétique à la perte de poids ne serait pas exclusivement due aux changements de masse grasse et masse maigre, mais également à une adaptation homéostatique visant à limiter voire empêcher la perte de poids et préserver les réserves énergétiques des individus, adaptation nommée « thermogenèse adaptative » (Doucet et al., 2012). Ce phénomène appelle à mieux considérer la contribution respective des changements métaboliques et mécaniques induits par les variations de poids, en considérant davantage l'hypothèse récemment proposée d'une double régulation du bilan énergétique homéostatique impliquant à la fois des voies leptino-dépendantes et « gravitostatiques » (Jansson et al., 2023). Alors que la régulation leptino-dépendante du poids corporel a été décrite et renforcée à plusieurs reprises depuis les années cinquante, la conception gravitostatique de cette régulation est plus récente et émet l'hypothèse que les animaux terrestres utilisent la gravité pour réguler leur poids corporel à travers des récepteurs et des voies encore non identifiés (Ohlsson et al., 2020). Cette régulation passerait notamment par des adaptations de la consommation d'énergie en fonction du poids corporel lors du travail contre la gravité, impliquant une détection du poids par les ostéocytes des os porteurs, et entraînant une régulation par rétroaction du métabolisme énergétique et du poids corporel (Ohlsson et al., 2020). La régulation du bilan énergétique pourrait être indépendante de la leptine mais plutôt sous le contrôle de ce gravitostat à l'extrémité supérieure du spectre pondéral (Janson et al. 2023). Des études précliniques et cliniques menées auprès de rongeurs et de participants, ont mis en avant une réduction du poids corporel après quelques semaines de surcharge mécanique (simulant une prise de poids), expliquée par des adaptations de leur apport alimentaire et de leur métabolisme énergétique (Jansen et al., 2023 et Olhsson et al., 2020), adaptations suggérées comme particulièrement dues à la régulation de la masse musculaire (Thivel & Boirie, 2020). De manière intéressante, des résultats préliminaires de notre groupe soulignent des adaptations énergétiques post-perte de poids spécifiques à une telle reprise de poids simulée chez des patients avec obésité, suggérant l'instauration de mécanismes spécifiques favorisant la reprise de poids. En effet, après une perte de poids, le métabolisme énergétique à la locomotion a été exploré avec et sans reprise de poids simulée et, fait intéressant, la dépense énergétique n'est pas revenue aux valeurs d'avant la perte de poids, comme moyen potentiel de préserver le poids repris (Thivel et al., 2023). Plus récemment notre équipe a pu mettre en évidence qu'une telle simulation mécanique de prise de poids chez des patients avec obésité mais de poids stable, n'engendre pas non plus d'augmentation de leur dépense énergétique lors de la locomotion, renforçant là aussi une susceptibilité à ne pas activer de mécanismes énergétiques de défense de cette prise de poids (données préliminaires projet RELOAD). Alors que deux études cliniques ont aujourd'hui questionné chez des patients avec obésité, l'impact d'une recharge mécanique progressive du poids perdu lors de la phase de perte de poids, questionnant principalement les implications osseuses (DeLong et al., 2025, Beaver et al., 2025), les adaptations énergétiques et de la composition corporelle restent
inexplorées. Alors que la prise en charge du surpoids et de l'obésité se confronte aujourd'hui au challenge de la phase port-intervention, où la stabilisation du poids perdu se veut difficile, l'interet de stratégies utilisant le phénomène gravitostatique restent inexploré.
Ce travail de thèse questionnera les adaptations métaboliques, nutritionnelles, fonctionnelles et énergétiques à i) une perte de poids nutritionnelle associée à un maintien de la masse corporelle réalisé à l'aide de gilets lestés (lest progressif correspondant à la perte de poids) et à ii) l'utilisation de gilets lestés simulant une reprise de poids (identique à la perte) lors de la phase post-intervention nutritionnelle.
Le profil recherché
Compétences en physiologie de l'exercice et en nutrition humaine
Explorations biochimiques
Analyses de données