Thèse Caractérisation des Interactions Entre Neurones Sensoriels et Cellules Cancéreuses pour Comprendre la Douleur Associée au Cancer H/F - Doctorat.Gouv.Fr
- CDD
- Doctorat.Gouv.Fr
Les missions du poste
Établissement : Université Clermont Auvergne École doctorale : Sciences de la Vie, Santé, Agronomie, Environnement Laboratoire de recherche : NEURO-DOL Direction de la thèse : Jerome BUSSEROLLES ORCID 0000000175429520 Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-06-15T23:59:59 La douleur est un symptôme fréquent et très redoutée chez les personnes traitées pour un cancer. De nombreuses études ont confirmé le lien entre l'infiltration neuronale intratumorale et la progression du cancer, et ont souligné l'importance de la plasticité neuronale et des médiateurs libérés dans le microenvironnement tumoral. Si la plupart des études se limitent au rôle du système nerveux autonome, l'influence des nocicepteurs et leur rôle dans la progression du cancer et la douleur restent encore à explorer. Notre objectif est de développer, dans des chambres microfluidiques, un modèle de nerf sensoriel intégrant des nocicepteurs et des cellules gliales dérivées de cellules souches pluripotentes induites humaines (hiPSC), capable d'innerver des organoïdes dérivés de patients atteints de cancer. Cette plateforme innovante permettra d'identifier de nouvelles cibles et des biomarqueurs précoces contre la progression du cancer et la douleur liée au cancer ou à son traitement. Des modèles murins de cancers solides (côlon, pancréas) seront également utilisés comme modèles in vivo grâce à nos collaborateurs (U1003 Lille, U1068 Marseille), avec lesquels nous avons obtenu une subvention de la Ligue contre le cancer.
La douleur est un symptôme fréquent observé chez les personnes traitées pour un cancer et les survivants à long terme. Elle peut être causée par la progression du cancer mais également par le traitement oncologique ou une combinaison des deux. Les douleurs neuropathiques provoqué par les chimiothérapies anticancéreuses vont notamment concerner de façon transitoire jusqu'à 60% des patients ou devenir chronique pour 40% d'entre eux. Elles se caractérisent par des symptômes affectant durablement la qualité de vie des patients et entraînant des adaptations posologiques avec le risque d'une efficacité clinique amoindrie. La prise en charge thérapeutique de ces douleurs est largement insatisfaisante en raison de leur résistance aux antalgiques classiques et du manque d'efficacité des traitements actuels de référence pour soulager la douleur neuropathique. La majorité des patients souffrent également de douleurs associées à la progression du cancer. De plus en plus de données établissent un lien entre le pronostic du cancer et la douleur et l'infiltration neurale au sein du microenvironnement tumorale. Ce phénomène fréquemment observé dans les cancers se développant dans des organes fortement innervés (la quasi-totalité des cancers du pancréas, 75 % des cancers de la prostate et 33 % des cancers colorectaux) est étroitement liée à la progression tumorale, à d'importantes altérations neuropathiques impliquant les fibres sensorielles nociceptives, et à l'invasion périneurale favorisant la dissémination locale et à distance de la tumeur. Les objectifs du projet sont de caractériser des interactions entre neurones sensoriels et cellules cancéreuses pour comprendre la douleur associée au cancer. Les modèles incluront un modèle de nerf sensoriel intégrant des nocicepteurs et des cellules gliales dérivées de cellules souches pluripotentes induites humaines (hiPSC), capable d'innerver des organoïdes dérivés de patients atteints de cancerméthodes et l'utilisation de chambres microfluidiques, ainsi que des modèles murins de cancer solides (colon et pancréas). Une analyse multiparamétrique (moléculaire et fonctionnelle) sera utilisée sur ces modèles.
Le profil recherché
Le/la candidat(e) doit être titulaire d'un master en neurobiologie ou en neuropharmacologie et manifester un intérêt marqué pour la recherche sur la douleur et les neurosciences moléculaires et cellulaires. Les candidatures de personnes titulaires d'un master en biologie du cancer sont également les bienvenues. Une expérience en culture cellulaire et en biologie moléculaire est requise. Une expérience en électrophysiologie cellulaire (patch-clamp/MEA) et en évaluation des comportements liés à la douleur serait un atout.