Thèse Accompagnement Nutritionnel à la Reprise d'Activité Sportive par une Complémentation en Protéines d'Insectes + Vitamine d H/F - Doctorat.Gouv.Fr
- CDD
- Doctorat.Gouv.Fr
Les missions du poste
Établissement : Université Clermont Auvergne École doctorale : Sciences de la Vie, Santé, Agronomie, Environnement Laboratoire de recherche : UNH - Unité de Nutrition Humaine Direction de la thèse : JEREMIE TALVAS ORCID 0000000274667874 Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-06-20T23:59:59 Il est recommandé pour prévenir la sarcopénie la réalisation pluri-hebdomadaire d'une combinaison d'exercices de résistance et d'endurance, adaptés aux possibilités individuelles, associés à un apport adéquat en protéines (1g/kg/j) et en vitamine D (15 µg/j). Cependant, après une longue période de sédentarité et/ou d'inactivité physique, la reprise d'activité peut s'avérer être difficile.
Notre objectif est de tester l'impact d'une approche multimodale combinant une complémentation nutritionnelle en protéines d'insectes + vitamine D avec un programme d'activité physique adaptée dans le but d'une perte de masse grasse et un gain de force musculaire. Pour atteindre ces objectifs, nous nous appuierons sur un modèle pré-clinique de souris C57BL/6 âgées et en surpoids. Les souris seront soumises à un protocole d'entrainement combinant exercices aérobies, exercices de résistance et exercices d'équilibre. Afin de limiter les difficultés liées à la reprise d'activité, des lots de souris seront supplémentés en protéines de ténébrion + vitamine D afin de stimuler l'anabolisme protéique musculaire et permettre une meilleure régénération des muscles. Nous évaluerons par un suivi longitudinal les performances locomotrices des souris et leur composition corporelle. En point final, nous mesurerons la vitesse de synthèse des protéines musculaires et les productions de myokines/exerkines. Nous évaluerons dans les tissus adipeux, les niveaux de production d'adipokines et cytokines.
A partir de la cinquantaine, une perte de masse musculaire progressive est observée, d'autant plus si la personne est demeurée sédentaire pendant une longue période de sa vie. La sarcopénie a été définie comme une perte de la masse, de la force, de la performance et des fonctions métaboliques musculaires associée à l'âge. La diminution de la force musculaire se solde par une perte fonctionnelle et une altération de la qualité de vie, sans parler des lourdes conséquences socio-économiques. Il n'y a aucun traitement pharmacologique utilisable en pratique courante. Il est donc recommandé pour prévenir la sarcopénie la réalisation pluri-hebdomadaire d'une combinaison d'exercices de résistance et d'endurance, adaptés aux possibilités individuelles, associés à un apport adéquat en protéines (1g/kg/j) et en vitamine D (15 µg/j). Ces exercices sont à poursuivre sur le long terme.
Dans le contexte socio-économique actuel, la recherche de nouvelles sources protéiques permettant de pallier à la production de protéines issue de l'élevage intensif est un enjeu stratégique important du point de vue de la durabilité de nos systèmes alimentaires. Parmi les sources protéiques d'avenir, un intérêt actuel se porte sur la production de protéines d'insectes. Considérant le besoin urgent de sources alternatives de protéines, l'Union européenne a autorisé le 3 janvier 2023 la mise sur le marché de plusieurs espèces d'insectes comme nouvel aliment (grillon domestique, en poudre partiellement dégraissée ; le ver de farine « ténébrion » et le criquet migrateur.
Des entreprises du secteur « produits alimentaires pour sportifs » se sont déjà positionnés sur le marché même si le nombres de données disponibles dans la littérature est encore faible. Quelques études pionnières se sont intéressées à l'effet de la consommation de protéines d'insectes sur la fonction musculaire. En effet, dans une étude clinique randomisée en double aveugle, l'équipe de Luc Van Loon (2021) a montré que l'ingestion de 30 g de protéines de Ténébrion stimulait la synthèse protéique de façon comparable à ceux induits par l'ingestion de 30 g de protéines laitières mesurée au repos ou après la réalisation d'un unique exercice de résistance. Le but de cette étude était d'étudier l'effet potentiel des protéines d'insectes en tant que complément alimentaire pour augmenter l'hypertrophie musculaire et les gains de force lors d'un entraînement de résistance prolongé par rapport à un supplément de glucides isocalorique. En revanche, une autre étude menée par Vangsoe et coll (2018) a montré que la supplémentation en protéines de ténébrion après l'exercice et avant le sommeil les jours d'entraînement ne favorise pas de gains plus importants en masse et en force musculaire après huit semaines d'entraînement en résistance chez des jeunes hommes par rapport à un groupe sans supplément de protéines consommant en moyenne 1,7 g/kg/jour.
Notre objectif est de tester l'impact d'une approche multimodale combinant une complémentation nutritionnelle en protéines d'insectes + vitamine D avec un programme d'activité physique adaptée dans le but d'une perte de masse grasse et un gain de force musculaire. Pour atteindre ces objectifs, nous nous appuierons sur un modèle pré-clinique de souris C57BL/6.
Afin de mimer une prise de poids fréquemment observée chez l'Homme avec l'âge, des souris de 50 semaines (adultes d'âge moyen) seront toutes soumises à un régime hypercalorique et hyperlipidique pendant 8 semaines ; le but étant de leur faire prendre du poids et plus particulièrement de la masse grasse aussi bien viscérale que sous-cutanée. Cette prise de masse grasse devrait avoir des conséquences métaboliques délétères (inflammation, lipotoxicité, insulino-résistance, stress oxydant...) mais cependant réversibles.
Pour reverser ce phénotype, les souris seront soumises pendant 16 semaines à un protocole d'activité physique adaptée à base aérobie par course imposée sur tapis, à des exercices de résistance en les suspendant à une grille et à des exercices d'équilibre sur rotarod (cylindre tournant). L'objectif est d'obtenir une perte de poids/masse grasse et un gain et/ou maintien de la masse musculaire ainsi qu'une amélioration des capacités physiques des animaux (gain de force, amélioration de la vitesse maximale de course et de l'équilibre).
La mise en place du protocole d'entrainement simule une reprise d'activité qui peut s'avérer être difficile chez l'Homme avec l'apparition de douleurs musculaires après l'effort. De plus, toute reprise d'activité physique modifie les besoins nutritionnels des pratiquants avec un besoin accru en protéines afin de maintenir le bilan azoté. Notre objectif est donc de potentialiser l'effet de l'activité physique par une stratégie nutritionnelle visant à prévenir et limiter les douleurs musculaires liées aux entrainements. Pour cela, nous utiliserons des supplémentations nutritionnelles en protéines de Ténébrion et en vitamine D dans le but de stimuler l'anabolisme poétique post-effort chez les souris.
Le profil recherché
formation en expérimentation animale, compétences en dosages biochimiques et transcriptomique